La porte du désert…

…ici nommée : Laayoune ! (A prononcer avec ce [a] qui demande à resserer la gorge, mais je ne vous parle pas du [h], ni du [r], ni du…)

Luis, déjà pour toi, sache qu’effectivement nous croisons beaucoup de pêcheurs le long de notre route, même si nous ne pêchons (pour le moment) pas avec eux ! Nous n’hésiterons pas à te demander conseil si besoin est !! ;-)

Que s’est-il passé depuis Essaouira? Avons pris la route, sac sur le dos, direction Laayoune. Preuve à l’appui?

laayoune.jpg

Cette photo a été prise un peu plus tard, car au sortir d’Essaouira, c’est plutôt une route bordée de sable, terre, cailloux et arganiers qui bordent les chemins et jalonnent le paysage. Oui Myriham ! tu me parlais de cette “amande” très utilisée dans les cosmétiques (également dans la nourriture), c’est dans cette région, entre Essaouira et Agadir, qu’est fabriquée l’huile d’argane.  

Des hommes passent leur journée assis sur le bord de la route, à l’ombre (toute relative) d’un parasol, attendant qu’une voiture s’arrête pour leur acheter les produits à base de cette huile d’argane (à savoir l’huile en elle-même, le miel d’argane ou bien un mélange (j’ai oublié le nom) d’amandes (ou de cacahuètes), d’huile et de miel… que l’on étale sur le rhoubs (pain)…)

Sommes-nous allés jusqu’à Agadir comme ça? Plantant notre tente le soir ? Pas du tout. Pour tout vous dire, nos devons vider nos sacs, ils sont trop lourds !! Nous avons fait une vingtaine de kilomètres, puis une bonne âme s’est arrêtée, Mohammed (le prophète?) pour nous faire gagner 8 jours de marche (soit 170km) … Et nous a déposé en plein coeur d’Agadir… dans le quartier Taborjt très sympa, calme et reposant.  Photo?

massaplace.jpg

Quartier très cool où rares sont les touristes (sont plutôt sur la plage d’Agadir, en train de se faire noircir la peau parfumée à l’huile d’argane…), où le club de cartes m’accueille (Estelle qui parle) pour regarder mais pas pour jouer !! Grrr !! :-) Pas de rami ! Zut ! Pas de problème, on discutera avec des gens, apprendra quelques nouveaux mots de berbère ou d’arabe, on dégustera de délicieux mssmena (pain plat bien étiré chauffé, entre le pain et le chouchou de la foire expo…), puis plage aussi (ce serait dommage de ne pas la voir !!), écriture, jeux d’écriture (Yannick me fait faire des exercices pour… améliorer ma créativité ! ça vous fait sourire, les magiciens?)

Retour sur cet homme, Mohammed, qui nous a pris en chemin alors que nous ne demandions rien…”Je me suis arrêté, mais je ne sais absolument pas pourquoi !!” nous dit-il…Et puis quelques palabres plus tard, alors qu’il nous questionnait sur nos métiers respectifs et que Yannick répondit “magicien”, le visage de Mohammed s’illumina. Il se tourna vers Yannick et ajouta : “voilà ! c’est pour ça que je me suis arrêté !!” Et parti d’un grand rire…

Autre élément clef qui prouve que nous sommes toujours sur le bon chemin :

Clef d’or

Si vous ne voyez pas l’inscription même en cliquant sur l’image : c’est “clef d’or”, avec une étoile à 5 branches…

Donc Agadir pendant 3 jours. (encore un chiffre clef !)

Puis départ, direction Laayoune !! Avons marché jusqu’à Inezgane (juste en dessous, quelques kilomètres d’Agadir), puis alors que nous demandions la direction, bien fatigués, de Tiznit, un homme nous dit de le suivre, et nous emmène jusqu’à la station de taxis. On lui explique qu’on souhaite s’y rendre à pieds, même si c’est 70 km, mais là aussi : “je vais me payer 2 places”, comprend-on. Avons continué à marcher, et oui, juste comme ça, alors qu’il ne connaissait que quelques bribes de français, que nous n’avons échangé que 2 ou 3 phrases max, il nous a offert 2 places dans un taxi jusqu’à Tiznit !! Abdullah, tant de gentillesse ! Spontanément, tu nous offres 2 places sans attendre de retour?

Sommes-nous si offrant, en France, alors qu’un étranger nous demande sa route?

Certains connaissent les taxis marocains, et hop ! dans une grande Mercedes, 3 devant (dont le conducteur), 4 derrière, on remplit la voiture et on roule ! Zik tout le long du chemin, top cool !!

On commence à comprendre que randonner (à pieds) au Maroc n’est peut-être pas une si bonne idée. J’explique. Tout nous pousse à prendre des transports (bus, taxis), plutôt que de marcher sur des kilomètres, sacs sur le dos. En effet, plus on descend, plus le climat est désertique entre les villes (il faut des kilomètres d’une maison à une autre maison, même hors des grandes villes !)

D’ailleurs, pour la petite histoire, il pleut chaque année au Maroc entre décembre et février. Cette année, il n’a pas plu. Imaginez ! Tous les oueds sont désertiques, pas une goutte d’eau, ce qui veut dire que les paysans devront attendre un an avant de pouvoir récolter quelque chose, et encore s’il pleut l’année prochaine (Inch’Allah). Et bien sûr…comme le confirme Mohammed, aucune aide de l’Etat…. Le blé est poussé d’une vingtaine de  centimètres, il est déjà jauni par le soleil. Autant dire que ça va être dur…

En terme de cultures (pour continuer sur la lancée), après les arganiers, avons parcouru les montagnes de Thuyas (racines très utilsées pour la fabrication d’objets, à Essaouira par exemple), quelques champs de bananiers (petites bananes qui poussent toute l’année), voilà principalement.

Enfin bref, on passe du bon temps, c’est certain, même si nous sommes encore des touristes… viendra le jour où nous nous mêlerons complètement à la population, j’espère au plus vite ! Mais pour cela, nous devrons nous poser un peu plus longtemps, sûrement. Pour l’instant c’est la route qui prime, alors roulons.

Je reprends le fil. Nous sommes donc à Tiznit, et décidons de reprendre aussitôt la route, pour nous rendre à Mirleft, ville conseillée par une bonne rencontre à Essaouira. Mais une fois sur place, trop de touristes. Il se trouve que tout le long de la côte, les Français (essentiellement) ont investi dans des hôtels, des riads, des chambres, du coup ils font des villes nouvelles, aves des loyers chers (enfin, 200 dh soit 20€ pour une nuit dans un appartement géantissime, ce n’est pas non plus impossible mais…). Ils (du coup, c’est “eux”, pas “nous” !) ont donc fait monter l’ensemble des prix…

On re-bouge (cette fois-ci on prend un taxi de notre propre chef), direction Elgxira (à prononcer Ilxira, et non Elixir…) en direction du Sud, 10 km avant Sidi Ifni…

Le taxi nous dépose sur cette route….

elgxira_1.jpg

Pour cette vue au réveil !!

elgxira.jpg

On l’avoue, c’est un peu le lieu de rêve ! Seulement 3-4 maisons (hôtels, auberges) qui ont les pieds dans l’eau, nous sommes les seuls clients, l’hôtel n’a pas l’électricité, donc tagines (poulet pour Yannick, légumes pour moi) à la chandelle, nuit bercée par l’énergie de l’océan… Que demander de mieux? Surtout qu’Hassan (cuisiner) et Mohammed (gérant dans le hors-saison), tous les deux très jeunes (la vingtaine), débordent de générosité et du sens de l’accueil…

Le pied !!

Et là? Aujourd’hui? Nous écrivons de Laayoune, après 600 km de taxi (avons décidés de tracer), où j’ai commencé à apprendre des chants arabes (hum hum, il y a du boulot !!) ;-), rien de mieux pour faire passer la route !

Et la route? Du sable, des cailloux, des cailloux, du sable. L’océan sur notre droite, les villes se sont faites de plus en plus rares. Tarfaya, Tan tan…Et maintenant Layyoune, où nous venons de louper la fête du chameau d’une semaine.

Repas local hier soir (côte de mouton, salade de riz et de betteraves en entrée, frites et sortes d’haricots blancs de la taille de gros petits pois…), offert par deux hommes qui mangeaient à côté de nous !!

Notre ange gardien nous suit…Où nous précède? En tout cas veille sur nous…

Il faut toujours aussi beau… Un petit coucher de soleil (”chams”)

couchersoleil.jpg

Quant à la lune, le croissant est vers le bas, très joli et jamais vu en France !!

Notre prochaine destination? Allons-nous traverser le désert, parcourir les 1000 km qui nous séparent de Ed’Dakhla (prononcer Darla), dernière ville avant la Mauritanie? Ou allons-nous remonter pour une autre destination, en s’enfonçant plus dans les terres marocaines ou bifurquer complètement pour suivre un autre vent? Il est vrai que sans être motorisés, on commence à comprendre (rien de tel que d’en faire l’expérience) que ça ne va pas être une mince affaire pour descendre, à moins, bien sûr, d’en payer le prix. Aujourd’hui, notre linge sèche sur une terrasse (Le T.Shirt de la Transteam est bientôt fini, toutes les couleurs se sont mélangées (malgré la laque!!), mais les 3 solides Quechua d’Estelle sont impecs !! :-) )

On pourrait dire bien des choses, déjà, encore… Sur les gens, sur des rencontres, sur le thé qui fonce et qui devient de plus en plus fort…

Mais nous allons prendre, d’abord, quelques minutes pour faire le point et choisir notre nouvel itinéraire…

Et vous, tout baigne?

A suivre…

Published in:Général |on mars 12th, 2008 |

You can leave a response, or trackback from your own site.


Créer un Blog | Ndd | Créer Forum | Tag 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 | Signaler un abus !