Bonjour à tous.
Voici un petit message pour ne plus vous inquiéter… et vous remercier de vos bonnes pensées vers nous !! Même sans moyen de communication physique (si on peut nommer le réseau internautique de la sorte), vous pouvez être certain que vous participez à la construction de notre vie chaque jour ! De la pensée, vous le savez, émane une énergie grandiose ! Alors quand toutes les pensées se combinent, la force en est décuplée.
Il est vrai, nous n’avons pas donné de nouvelles.
Parce que nous avons préféré nous couper d’une partie du monde ?
Parce que nous avons préféré nous investir dans le présent, en vivant les rencontres et les situations sur le moment, sans avoir à rendre des comptes ?
Vous pourriez penser ça.
Mais vous avez aussi pu penser qu’il nous était arrivé malheur, ou encore que nous n’avions pas du tout la possibilité de nous connecter pour vous joindre.
Le fait y est, cela fait plus de 3 mois que nous n’avons pas écrit sur un blog censé accueillir nos aventures quotidiennes (ou des récapitulatifs mensuels).
Ça n’a pas été facile de ne pas vous écrire. Même si vous pouvez aussi penser que c’est plus simple de ne pas donner de nouvelles, comme ça on n’a pas à chercher un cybercafé de temps en temps pour donner des informations sur une autre partie du monde. Toutes les hypothèses sont bonnes à entendre.
Sauf qu’écrire à des gens qu’on aime, c’est véritablement un plaisir. Et quand ces gens nous soutiennent chaque jour, la moindre des choses, ce serait de leur rendre, non pas par devoir mais par envie, en leur écrivant sur ce blog, en leur faisant une définition de la situation, que chacun sache où il en est.
Des gens qu’on aime, il y en a partout. Et si par la dactylographie nous ne concrétisons pas ce rendu de bonnes pensées, nous y travaillons pourtant d’une autre manière. Car sans vous, serions-nous aujourd’hui là où nous en sommes ? Parce que l’avancée de chaque être dépend de lui, mais également du groupe social dans lequel il vit, vous nous avez aidé dans notre quête personnelle.
Chacun a sa quête. Chacun suit une voie. Le sait-il ? Nous aspirons tous à quelque chose. Et c’est fantastique de voir avec quelle facilité nous pouvons nous brancher les uns aux autres, alors que nous sommes si différents ! Cette facilité, c’est ce côté : « je ne pense pas à moi, je vis avec ce que j’ai autour de moi. Si nous sommes un groupe d’humains, j’apprends à vous connaître. Si je suis seul, je me découvre. Chaque jour, chaque seconde, mon regard est comme neuf. Je découvre le vent qui souffle, je découvre le rire de la personne à ma droite, je découvre l’information qui m’est donnée de voir, je découvre le monde dans lequel je me trouve. Pas de regard blasé. Je ne sais rien, mais je vis avec ce qui m’entoure. »
Et pour vivre cette facilité, cela sous-tend de se dégager aussi du fait de penser l’Autre. Il ne s’agit pas de mettre de côté l’empathie ou le concept altruiste, mais plutôt de mettre de côté l’intellect. Ne pas se réfugier vers des concepts complexes qui empêcheraient d’entendre la fraîcheur du rire de son voisin, ou encore la chaleur qui émerge du soleil. Vivre, tout simplement. Vous rappelez-vous l’homme qui avait découvert que s’il supprimait le lobe préfrontal de l’être humain, ce dernier ne connaîtrait plus l’angoisse ? Mais l’effet pervers, c’est qu’il deviendrait alors incapable de se projeter dans le futur…
Encore une fois la solution revient au point de départ, ou centre, qui consiste à vivre dans l’instant, tout simplement. Quel est le paradoxe de vivre dans l’instant ? C’est qu’on est capable de s’occuper de soi aussi bien que de s’occuper des autres, ceci sans trace de passé ni projection du futur. Car on fait ce qu’on sent bien de faire au moment dit. Si c’est de rire et de partager des choses avec d’autres, pas question d’éviter ce précieux moment ! Mais tout précieux moment est aussi celui de s’occuper de soi, en se posant, si fatigué, en courant, si trop d’énergie à exprimer, à sentir que faire, et là encore ne rien faire n’est pas synonyme d’inactivité mais de sagesse.
Car nous sommes habitués aussi à allonger une liste terrible d’actions réalisées au cours de notre journée, de nos week-ends, de nos vacances, pour montrer que nous « faisons des choses », nous. « Si tu savais, ce week-end j’ai fait ça, ça, ça, ça… Un rythme de dingue, mais c’était super !! » Sauf que celui qui est à l’écoute de lui-même ne se cache pas du repos quand il se sent accablé. Sauf que celui qui ne sait plus où aller n’hésite pas à s’arrêter, il saura s’il doit repartir.
Vous êtes à un concert, vous perdez vos amis, des centaines de personnes sont autour de vous, allez-vous vous mettre en recherche, lampe frontale de spéléo, prêt à arpenter chaque m² de foule ? Ou deuxième possibilité, attendrez-vous à l’endroit où vous avez perdu vos amis, fixe, immobile ? Amis statisticiens, au travail. Quel est le pourcentage de chance de réussite dans l’un ou dans l’autre cas ?
Oui, exemple connu. De toute façon, aujourd’hui, tout est cité, recité, tout le monde sait tout, tout le monde a déjà entendu parler de tout. Même si vous ne pouvez pas le récitez pas cœur, vous savez en gros de quoi il est question. Mais là aussi, on croit tout savoir, tout sur tout. Un bon ami nous répétait souvent : « Savoir, c’est voir ça et rien d’autre. Connaître, c’est naître avec. »
Quel est celui qui aujourd’hui ose dire qu’il ne connaît pas ? (Ou qu’il s’est trompé ?) Quel est celui qui, preuve d’humilité, pense d’abord à écouter l’autre, à faire comme si c’était vraiment nouveau pour lui ? Juste faire comme si… Juste jouer le jeu… A force de jouer ce jeu, il finira par obtenir ce regard neuf, ce « Waw ! C’est fantastique ! » (Bon, ok, pas obligé non plus de faire un bond de Marsupilami en hurlant à 3h00 du matin dans la cour de son immeuble. Là encore, c’est le fond qui compte.)
Mais si vous nous suivez, celui qui sera capable de mettre de côté ses émotions et son intellect en vivant l’instant chaque fois comme nouveau pourra vivre des choses grandioses !
A ce sujet, j’ai une double pensée, vers un ami et Epictète (je lie les deux par leur profonde sagesse, même si issus de cultures et d’époques très distinctes). Cet ami travaille à côté de moi, un jour, et son téléphone sonne. Comme d’habitude, il répond, et comme à 75% du temps (juste parce que nous aimons bien les chiffres, nous autres êtres humains qui en oublions presque de comprendre leur fondement pour jouer avec sans les comprendre…) il change de langue en utilisant sa langue natale, faite pour moi de sons complètements nouveaux, et je me demande bien à chaque fois comment on peut parler des langues si différentes, et quelles facultés possède-t-il lui pour jongler avec autant d’aisance entre ces langues. Il parle (enfin, il chante, émet des bruits, des sons, à plusieurs hauteurs, comme s’il parlait à des extraterrestres), puis raccroche. Et là il se remet au travail, je lui demande si tout est ok, car j’avais senti des tons de voix plus lents, plus graves, et me répond comme s’il me répondait qu’il allait faire les courses ce soir : « Oui, c’est juste ma belle-sœur qui m’appelle pour me dire que mon neveu est décédé, noyé dans l’océan. » J’essaye de lui bafouiller quelques mots d’entraide et de soutien, et il me répond avant tout : « c’est la vie, c’est comme ça, ce n’est pas la première fois, ça arrivera encore. »
Où je veux en venir ? C’est là où je repense à Epictète, à son manuel. Un petit paragraphe parlait de certaines choses qui arrivent chez les autres, un vase qui se casse chez le voisin par exemple, et nous de répondre : « oh, ça arrive »… Et quand c’est en notre maison que le vase, que dis-je NOTRE vase, celui qui vient de l’aïeule du mari de ma mère, transmis de génération en génération, d’une valeur inestimable, se retrouve par mégarde éclaté en débris sur le sol du salon, alors là c’est le drame, la catastrophe, la fin du monde. Une telle œuvre d’art ! Un tel bijou ! Vraiment ! Et jamais on ne pourra le remplacer, et… !
Vous faites le lien ? Quand vous lisez la rubrique « Avis d’Obsèque » de votre quotidien, où un certain nombre de personnes sont listées, vous vous dites « oui, ça finit par arriver, c’est le cycle de la vie… », et quand d’un coup de téléphone on vous apprend que votre arrière-grand-mère Dudule est décédée suite à un cancer généralisé à l’âge de 98 ans, que de tristesse vous envahit, non vraiment, c’est la fin du monde, Dudule, notre ancêtre ! Celle qui nous préparait les meilleurs ragoûts de petits pois jamais présents dans les livres de recettes (on se demande bien pourquoi !!)…Quelle injustice…
Et bien justement. Sommes-nous justes ? De différencier autant la mort d’autrui de celle d’un proche ? Il n’est pas là question de ne pas avoir de sentiment, car l’être humain est fait de sang, et comme nous le disait si bien notre ami 1 (celui du savoir et de la connaissance) : « L’être humain s’il n’a plus de sang est incapable de vivre. Dans émotions, on a émo, le sang. L’être humain ne peut pas vivre sans émotion ». (Bon, citer quelqu’un, c’est pas facile, mieux vaut l’entendre dans son contexte, c’est bien plus parlant).
Et pour cette justice, et non cette abstraction de sentiment, nous devrions avoir à l’esprit, comme le disait Epictète, la réaction que nous avons eu en apprenant la nouvelle à propos de quelqu’un d’autre. Je ne sais pas si cet ami connaît Epictète, mais il connaît la sagesse.
Tout ça pour en venir à quoi ? Que vivre dans l’instant, ce n’est pas faire fi de tout, et encore moins faire fi des autres. Que vivre dans l’instant, c’est au contraire être présent pour ce qui se passe. Le présent. Le repas à table dégusté avec tant de bonheur. Le cœur qui bat d’une situation inconnue, et forte. L’action qui nous fait lever les yeux lorsque terminée, on s’exclame : « quoi ! il est DEJA 20h ! Mais je viens de commencer il y a 5 minutes…. » Et non ! tu y étais depuis 13h de l’après-midi, seulement tu était à ce que tu faisais, et c’est ce qui arrive ! Mais surtout, ne regrette pas ! Tu ferais un bon dans le passé ! Continue à vivre des moments comme ça, ne te rends-tu pas compte que le temps n’avait plus effet sur toi ?
Oui, le temps, quelle donnée fabuleuse ! Ne rien attendre, pour ne pas être tendu. Ne rien prétendre, pour ne pas être déçu. Juste être. « Quel temps fera-t-il demain, et pour cette fin de semaine, tu peux me dire ? –Pas de problème, je suis sur un site qui m’indique la météo sur 12 jours ! Tu as de quoi noter ? »
Je vois le temps qui se couvre, le vent qui se lève. Je sens la terre qui se rafraîchit, et les branches qui remuent. Je ramasse le linge posé sur le fil, et ferme les fenêtres pour ne pas que la pluie rentre.
« Une des spécificités de la langue française, c’est la nuance ». Un autre ami me disait ça. (Bon, ok, on a pas mal d’amis c’est vrai, mais ils nous apportent tellement, pourquoi ne pas parler d’eux !! ça nous fait tellement plaisir… !) Haaa, la nuance… « Si j’avais pu penser, ne serait-ce qu’une seconde, que le nuage annoncé allait, s’il devait par la suite se rapprocher de nos terres, causer les dégâts que ceux contés un jour de mon grand-père Ursule lors d’un ouragan terrible qui avait mis en miette son cabanon récemment construit, j’aurai immédiatement, enfin, en fonction de mes compétences bien sûr, fabriqué une sorte de paravent qui l’aurait éloigné très loin et protégé nos récoltes. Haaa, vraiment, je regrette de ne pas avoir eu l’œil vif d’Elan-Perçant, qui lui avait remarqué ce nuage et agit en conséquence… » Bravo !! Le conditionnel, le passé, le futur antérieur… et j’en passe ! Nous sommes des champions du temps ! Nous en maîtrisons tous les périmètres ! Toutes les nuances….6 modes d’utilisation du verbe. Plusieurs temps par mode. Prenez un Bescherelle ! 21 temps par verbe ! Nous sommes vraiment les rois de la distinction, de la nuance ! Que vous ayez eu un bon point un jour ne vous autorise pas à vous en vanter pendant des années ! Mais que vous eussiez eu aussi ! Le résultat est le même !
Non mais ! Nuançons, nuançons. Distinguons les temps. Fractionnons-les. Disséquons-les, nous pourrons ainsi mieux les comprendre… Mais n’oublions pas ensuite de garder en mémoire la signification de ce fractionnement… « Maîtresse, pourquoi est-ce qu’on est obligé de savoir faire des équations à X inconnues ? Pourquoi est-ce que je dois apprendre par cœur des poésies ? Pourquoi est-ce qu’il faut apprendre toutes ces règles de grammaire ? Pourquoi fait-on de la physique, de l’éducation civique, de l’histoire, des mathématique, de la biologie, du sport, du français ? Pourquoi toutes ces matières, pourquoi ? –Arrête Mathieu de poser toutes ces questions, et résous ton problèmes de mathématiques : combien Alice doit-elle parcourir de mètres si elle veut dépasser Antoine ? »
La réponse est simple. On (nous, les humains, si si, nous en faisons partie aussi !), avons tellement cherché à fractionner, disséquer, comprendre la petite bête de chaque chose (et ce n’est pas un mal, nous avons découvert tant de merveilles !!) que nous ne savons plus pourquoi nous le faisons, et surtout nous ne savons plus comment faire pour rassembler, maintenant. Un, nous sommes in-capables de nous arrêter, et deux, in-capables de rassembler. Donc on reste un, des in-dividus, au lieu de se rassembler, de faire groupe. Deux, c’est plusieurs. Oui, deux, ça commence à fonctionner.
[…]
Alors non, on ne vous a pas oublié, pas du tout, même. Mais il est vrai, on ne vous a pas répondu non plus. Sachez que nous apprenons à assembler. A vivre autrement. A modifier nos comportements. A interagir autrement avec ce qui nous entoure. C’est chouette. C’est une belle aventure. D’ailleurs cette aventure, on vous invite à la vivre, bien sûr ! Comment en pourrait-il en être autrement ? Comment ne pas vous inviter à vivre notre satisfaction quotidienne ! On vous le souhaite, vraiment ! On vous souhaite d’être vous, d’être, de vous détacher, de vivre l’instant…. Et je vais m’arrêter là, (j’écris pour deux), car après on va plonger dans un poético-lyrisme à 2 francs (oups ! à 30 cents), et rien que cette projection du futur me noircit la tête. C’est décidé. On préfère le présent. On vous aime.